Sabre d'officier général bonapartiste au modèle dessiné par Nicolas Noël Boutet.

Le contexte historique

La vérité qui se rapproche le plus de la réalité historique ne se trouve-t-elle pas dans les textes dictés par Bonaparte en personne le soir même des événements?

Dans sa déclaration dictée le 19 brumaire an VIII, (9 novembre 1799) à vingt-trois heures, le général en chef Bonaparte explique la situation dans laquelle il s'est retrouvé, et ce, dès son retour d'Egypte.

A Paris, suite à la division de toutes les autorités, il est sollicité par tous les partis. Il n'est pas l'homme d'un parti! (Il est le futur Empereur!).

Un plan de restauration général avec le soutien de l'armée est prévu et amendé par le conseil des anciens.

Suite à quoi, les conseils se rassemblent à Saint-Cloud, gardé par les troupes républicaines.

C'est à l'intérieur du rassemblement que "la terreur" grandit; plusieurs députés, armés de stylets (!) et d'armes à feu menacent de mort.

Le chaos est total; Bonaparte attaqué "hué de hors la loi" sort de la salle.

Bonaparte est à ce moment défenseur de la loi institué de l'autorité, il fait sortir le président de l'assemblée, son frère et fait évacuer manu militari la salle par Murat.

Après la dissipation des opposants, la majorité regagne la salle, entend les propositions, délibère et prépare la résolution salutaire qui doit devenir la loi nouvelle et provisoire de la république.

Bonaparte demande à ses concitoyens de reconnaître les actes posés comme étant ceux d'un soldat de la liberté, un citoyen dévoué à la république. Il a fait revenir l'ordre après avoir chassé les opposants... Il a accompli cette mission comme un devoir sacré.

Le sabre

Sabre du consulat aux symboles forts et emblématiques de l'image que veut donner Bonaparte au coup d’état des 18 et 19 brumaire.

Le jeune aigle grandissant, après s'être abondamment nourri d'art et de culture se trouve investit d'une mission en tant que protecteur des institutions afin de préparer comme il le dit lui-même "la résolution qui doit devenir la loi nouvelle et provisoire de la république", le consulat.

Du bout du fourreau (aigle) jusqu'au pommeau on retrouve les symboles caractérisant ce moment d'existence de Bonaparte.

Pommeau en forme de crosse, symbole d’une autorité paternelle, il représente l'insigne de celui qui dirige, conseille, et secourt, celui qui marche à la tête du troupeau de ses protégés.

Cette forme de symbole est aussi celle des pharaons (Osiris tenant une houlette dans sa main gauche).

Ce modèle de sabre dit "de brumaire" au pommeau en forme de crosse a été dessiné par Nicolas Noël Boutet.

Sur les oreillons, Thémis, déesse de la Justice, de la Loi et de l'Équité. Dans la mythologie grecque, Thémis assiste Zeus dans l'Olympe. Elle est représentée tenant d’un côté les plateaux d'une balance avec laquelle elle pèse les arguments des parties adverses et de l’autre un glaive.

Thémis représente la justice immanente, la justice découlant naturellement des faits accomplis, c'est-à-dire celle qui ne passe pas par la médiation d'une procédure judiciaire : elle relève directement des dieux. Les dieux sont les gardiens du cosmos, dans la mythologique grecque : il faut que chacun reste à sa place. Les dieux frappent tous ceux qui viennent troubler l'ordre de l'univers, ceux qui s'écartent de leur position.

Fusée (poignée) en ivoire, matière recherchée et respectée, à laquelle on prête des vertus magiques dues à sa pureté et à son incorruptibilité.

Garde garnie d'importante feuille de chêne, symbole de force et de fidélité des généraux.

Fourreau au décor de l'aigle, aux diverses fleurs et plantes allant du lotus égyptien aux lauriers, pour se terminer par la rose.

Lame à dos rond en damas à longue langue de carpe au décors non élucidé à notre connaissance à ce jour, apparaissant sur des sabres fabriqués après le retour d'égypte.

Sabre de récompense

Pour récompenser les officiers de la 17e division militaire (Paris) qui l’avaient épaulé lors du Coup d’Etat des 18 et 19 brumaire, Bonaparte leur offrit des sabres de récompense au modèle dessiné spécialement par Nicolas-Noël Boutet.

Le général François-Joseph Lefebvre en reçut un, fabriqué par la manufacture de Versailles, pour avoir accompagné Bonaparte au conseil des Anciens, et avoir participé à la mise en fuite des députés du conseil des Cinq-cents à travers les jardins du palais de Saint-Cloud.

Conclusions

Comme il y a eu à l’époque la naissance d’une peinture de propagande bonapartiste, on peut véritablement dire que ce type de sabre a également été conçu et fabriqué dans le même esprit de propagande bonapartiste.

Bonaparte qui avait compris l’importance de la propagande conseillait lui-même les artistes qui devaient contribuer à sa propagande (David, Gros, Boutet …)

Sources : documents officiels d'époque.

Sabre : authentique et d'époque.

originaux collection boutetparis.com


Les textes et illustrations de ce site sont la propriété de Marianne Paris et ne peuvent être utilisés sans autorisation.
Editeur responsable : Marianne Paris. E-mail : mparis@boutetparis.com